
Entre gestion de la batterie, lecture des adversaires et décisions en temps réel, Pierre Gasly décrit une F1 où les duels se jouent autant dans la tête que sur la piste.
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À Suzuka, dans une lutte directe face à Max Verstappen, Pierre Gasly a dû intégrer une variable supplémentaire dans son duel : la gestion de l’énergie et de la batterie, devenue centrale dans les batailles en piste.
Une dimension qui transforme chaque phase de course en exercice d’anticipation permanent.
“À ce moment-là, il y a énormément de choses qui me passent à travers la tête, a confié Pierre Gasly à L’Équipe. Je dois comprendre comment lui gère sa batterie et mon équipe me donne plein d’infos le concernant. Par exemple, je suis prévenu qu’on lui a demandé de m’attaquer dans la dernière chicane donc moi, j’ai essayé d’économiser un petit peu au virage précédent, donc de recharger un petit peu plus ma batterie pour être prêt à défendre à la chicane.”
Une F1 devenue stratégique, presque mentale
Dans ce contexte, le pilotage ne se limite plus à l’exécution pure. Il devient un jeu d’analyse constante, proche d’une confrontation intellectuelle.
“Je vois cette nouvelle manière de piloter comme une partie d’échecs, poursuit-il. Et moi qui aime beaucoup les échecs, je joue beaucoup, ça me va. C’est compliqué parce qu’il faut réapprendre un autre style de pilotage et qu’il faut avoir cette capacité à analyser en temps réel. Ce n’est pas forcément si mauvais que ça.”
Même sur un tour lancé, cette gestion influence encore la manière d’aborder les enchaînements, notamment dans les phases de relance.
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“Sur un tour qualif, honnêtement, il y a cette partie où il y a quelques centièmes à gagner sur un point précis. Je veux juste faire ce qu’il y a de plus rapide et remettre les gaz à chaque fois dès que je sens que je peux me le permettre. Et sur certaines pistes comme Suzuka, à certains moments où il faut être un petit peu intelligent sur la manière dont on remet les gaz.”
Le pilotage reste le cœur du défi
Malgré cette couche stratégique supplémentaire, Gasly insiste sur ce qui ne change pas fondamentalement.
“À partir du moment où on attaque les freins dans un virage et jusqu’au moment où on est à fond, toute cette partie de pilotage reste inchangée et pour moi, ça reste le même challenge.”
Pour le pilote Alpine, dont l’écurie a retrouvé de la performance, cette complexité supplémentaire ne retire rien au plaisir, mais enrichit la lecture globale du pilotage.
“J’adore et j’adorerai toujours piloter une F1, conclut-il heureux, sans doute parce que son Alpine fonctionne bien dans ses mains. À partir du moment où on attaque les freins dans un virage et jusqu’au moment où on est à fond, toute cette partie de pilotage reste inchangée et pour moi, ça reste le même challenge.”
“Je prends du plaisir à chaque seconde. Aujourd’hui, nous devons faire avec les outils qu’on a à bord et c’est à moi de me débrouiller de la meilleure manière possible pour les maximiser et continuer à aller plus vite que mes copains.”
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