Fernando Alonso pose ses conditions pour rester en F1

Fernando Alonso pose ses conditions pour rester en F1

Fernando Alonso n’a toujours pas décidé s’il poursuivra sa carrière en 2027. À Monza, l’Espagnol a clairement expliqué ce qui pourrait faire pencher la balance.

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Fernando Alonso ne compte pas prolonger sa carrière en Formule 1 simplement pour se battre pour quelques points. À 45 ans et alors que son contrat avec Aston Martin expire à la fin de la saison, le double champion du monde continue de réfléchir à son avenir.

Mais contrairement à ce que les difficultés actuelles de son équipe pourraient laisser penser, les performances d’Aston Martin ne seront pas le seul élément déterminant. Alonso se montre surtout préoccupé par la direction prise par le règlement technique et par une génération de monoplaces qui, selon lui, s’éloigne de ce que devrait être la Formule 1.

Alonso ne restera pas pour se battre pour la neuvième place

Interrogé avant le Grand Prix d’Italie sur la possibilité de poursuivre sa carrière si Aston Martin restait cantonnée à la lutte pour les huitième, neuvième ou dixième places, Alonso a livré une réponse particulièrement claire : “Non.”

Lorsqu’il lui a ensuite été demandé s’il avait besoin de perspectives plus ambitieuses pour continuer, sa réponse a été tout aussi directe : “Oui.”

Le constat peut difficilement surprendre au regard de la saison compliquée traversée par Aston Martin. Après 12 Grands Prix, l’équipe de Silverstone occupe la dixième et dernière place du championnat des constructeurs. Alonso a inscrit à lui seul les trois points de l’écurie, tandis que Lance Stroll n’a toujours pas terminé dans le top 10.

Les deux monoplaces ont également cumulé 11 abandons, illustrant les problèmes de performance et de fiabilité rencontrés depuis le début de la nouvelle réglementation.

Des progrès encourageants depuis Budapest

Le Grand Prix des Pays-Bas a néanmoins apporté une petite éclaircie. Parti seulement 18e à Zandvoort, Alonso est remonté jusqu’à la neuvième place et a ainsi triplé son total de points cette saison.

Ce résultat est intervenu après plusieurs évolutions introduites depuis Budapest. Le comportement de l’Aston Martin dans les virages s’est notamment amélioré, ce qui laisse penser à Alonso que l’équipe a enfin trouvé une direction de développement plus prometteuse.

Cela ne suffit cependant pas pour transformer une neuvième place en motif de satisfaction.

“Nous ne pouvons pas être heureux simplement avec une neuvième place et je pense que personne dans l’équipe ne l’est”, insiste Alonso. “C’était néanmoins un bon encouragement pour tout le monde parce que nous savons au moins que la direction que nous prenons est la bonne.”

L’Espagnol rappelle qu’Aston Martin a profondément modifié sa monoplace depuis la Hongrie et que les résultats commencent à apparaître.

“Nous avons changé beaucoup de choses sur la voiture depuis Budapest et nous sentons clairement que nous arrivons à une bien meilleure situation dans les virages. Cela donne de l’espoir à tout le monde à Silverstone : si nous poursuivons avec cette philosophie, cette stratégie et ce rythme de développement, nous finirons par être parmi les plus rapides dans les virages. Nous pouvons donc cocher l’une des cases.”

Le moteur Honda encore loin du compte

Le châssis n’est cependant qu’une partie du problème. Aston Martin doit également progresser avec son nouveau groupe propulseur Honda, dont les débuts ont été marqués par des problèmes de vibrations et d’agrément de conduite.

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Une évolution moteur a été introduite à Zandvoort, mais Alonso reconnaît ne pas avoir constaté de transformation spectaculaire.

“Du côté du moteur, je ne pense pas que Zandvoort ait représenté une grande amélioration, pour être honnête. L’agrément de conduite restait problématique et il était difficile de ressentir la puissance supplémentaire à Zandvoort.”

Monza devrait offrir un verdict beaucoup plus révélateur. Avec ses longues lignes droites et ses importantes phases à pleine charge, le circuit italien mettra directement en évidence les progrès réalisés par Honda.

“Monza constituera peut-être un test plus représentatif pour le moteur, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Nous devons progresser des deux côtés, sur le châssis comme sur le moteur, pour l’année prochaine. C’est impératif.”

“Ce n’est pas la Formule 1 avec laquelle nous avons grandi”

Pourtant, même une amélioration spectaculaire d’Aston Martin ne suffirait pas nécessairement à convaincre Alonso de rester. L’Espagnol assure que sa décision personnelle dépendra davantage du plaisir qu’il éprouve à piloter les monoplaces actuelles et de l’évolution future du règlement.

Depuis le début de la saison, Alonso critique régulièrement cette nouvelle génération de voitures. Il estime notamment que la gestion de l’énergie occupe une place trop importante et réduit l’influence directe du pilote. Après Silverstone, il était même allé jusqu’à affirmer que le talent du pilote n’était pratiquement plus nécessaire dans certaines situations.

“Pour ma décision, ce n’est pas vraiment une question de voiture”, précise-t-il. “Je serai professionnel et je travaillerai toujours à 100 %, que je me batte pour la 15e place ou pour un podium. Pour moi, la question concerne davantage le règlement.”

Et Alonso ne cache pas son mécontentement.

“Malheureusement, les choses sont ainsi. Ce n’est pas la Formule 1 avec laquelle nous avons grandi et ce n’est pas la Formule 1 que nous voulons tous, pilotes comme spectateurs.”

Alonso veut contribuer au retour de la “vraie Formule 1”

L’Espagnol sait qu’une transformation radicale ne pourra pas intervenir immédiatement. Mais qu’il soit encore au volant ou non, il aimerait participer aux discussions qui détermineront la prochaine génération de monoplaces.

“Nous devons changer certaines choses. Cela n’arrivera pas immédiatement, mais cela arrivera à l’avenir. J’espère pouvoir contribuer d’une manière ou d’une autre au prochain règlement afin que nous revenions à la vraie Formule 1.”

Son avenir reste donc ouvert. Aston Martin devra évidemment montrer qu’elle peut se rapprocher des meilleures équipes, mais Alonso semble surtout avoir besoin de retrouver une discipline dans laquelle le plaisir de piloter et l’influence du pilote occupent, à ses yeux, une place plus importante.

À 45 ans, Alonso ne se demande donc pas simplement s’il est encore suffisamment rapide pour poursuivre. Sa véritable interrogation est ailleurs : la Formule 1 actuelle lui donne-t-elle encore suffisamment envie de rester ?

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