
Christian Horner pensait réaliser un joli coup en poussant Niki Lauda à recruter Lewis Hamilton chez Mercedes. La suite lui a donné spectaculairement tort.
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Il y a des décisions dont les conséquences dépassent largement ce que l’on pouvait imaginer sur le moment. Christian Horner en a pris une à l’automne 2012 qui appartient incontestablement à cette catégorie.
À l’époque, Red Bull règne sur la Formule 1 avec Sebastian Vettel, mais McLaren constitue encore une menace redoutable. Lewis Hamilton, lui, s’interroge sur son avenir et envisage de quitter l’écurie avec laquelle il a débuté en F1.
Mercedes tente alors de l’attirer. Et, aussi étonnant que cela puisse paraître aujourd’hui, Horner encourage personnellement Niki Lauda à aller au bout de l’opération.
“Niki Lauda était chez Mercedes et tenait vraiment à recruter Lewis, et je me souviens l’avoir encouragé à le faire”, racontait l’ancien patron de Red Bull.
Horner voulait affaiblir McLaren
Le raisonnement de Horner était alors parfaitement logique. Lors de la saison 2012, McLaren possédait selon lui la voiture la plus rapide et représentait donc un adversaire bien plus dangereux pour Red Bull que Mercedes, encore loin de jouer régulièrement la victoire.
Faire partir Hamilton de Woking apparaissait dès lors comme une excellente opération.
“Nous nous battions contre McLaren et, en 2012, ils avaient la voiture la plus rapide. Nous pensions que Lewis dans une McLaren constituerait une menace plus importante que dans une Mercedes.”
Horner ne se contente même pas d’observer les négociations à distance. Alors que Hamilton hésite encore, il pousse Lauda à sortir le chéquier.
“J’ai encouragé Niki à dépenser l’argent parce que Lewis hésitait un peu”, se souvenait-il.
Avec le recul, difficile de trouver meilleure illustration d’un calcul qui produit exactement l’effet inverse de celui recherché.
“On peut dire que ça s’est retourné contre moi.”
Hamilton avait d’abord voulu rejoindre Red Bull
L’histoire est d’autant plus savoureuse que Hamilton aurait pu prendre une tout autre direction. Horner affirme en effet que le Britannique avait manifesté à plusieurs reprises son intérêt pour Red Bull entre 2010 et 2013.
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“Lewis et moi avons eu quelques conversations au fil des années. De 2010 à 2013, il tenait vraiment à venir piloter pour Red Bull.”
Mais l’écurie de Milton Keynes disposait déjà de Sebastian Vettel, alors en pleine période de domination. Horner ne voulait pas réunir deux pilotes de ce calibre sous le même toit.
“Nous avions Sebastian à l’époque et avoir deux pilotes alpha n’aurait pas eu de sens.”
Red Bull ferme donc sa porte à Hamilton… avant que son patron ne l’aide indirectement à en ouvrir une autre chez Mercedes.
La suite appartient à l’histoire de la F1.
Un calcul aux conséquences monumentales
Hamilton rejoint Mercedes en 2013. Un an plus tard débute la domination de l’écurie allemande, qui remportera huit titres constructeurs consécutifs entre 2014 et 2021.
Le Britannique décroche de son côté six de ses sept couronnes mondiales avec Mercedes, en 2014, 2015, 2017, 2018, 2019 et 2020.
L’idée d’un Hamilton chez Red Bull refera pourtant surface bien plus tard. En 2023, Horner affirmera que l’entourage du Britannique s’était renseigné sur la possibilité d’un rapprochement, alors que Max Verstappen dominait la F1.
Le patron de Red Bull avait cependant immédiatement écarté la perspective d’associer les deux champions.
“Je ne vois pas Max et Lewis fonctionner ensemble. La dynamique ne serait pas bonne.”
Hamilton avait, lui, vigoureusement contesté cette version, assurant qu’à sa connaissance personne de son équipe n’avait discuté avec Horner et estimant que celui-ci cherchait simplement à “faire parler”.
Une chose, en revanche, ne fait aucun doute : en 2012, Horner préférait largement voir Hamilton chez Mercedes plutôt que chez McLaren.
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Il a été exaucé. Probablement beaucoup plus qu’il ne l’aurait souhaité.